Séraphin Lampion en vacances


Séraphin Lampion, la troupe des «joyeux turlurons» ainsi que Gabriel Coatantiec, tous en vacances au «San Théodoros», ont été reçus en audience privée au palais présidentiel par le maître du pays : le Général Alcazar.



titre Alcazar



Introduction:

Tintin a fait la connaissance du Général Alcazar dans l'affaire du fétiche à l'oreille cassée et Hergé a pu en quatre albums nous retracer la vie et la carrière de ce militaire à forte personnalité, dans l'ordre chronologique «L'oreille cassée», «Les sept boules de cristal», «Coke en stock» et «Tintin et les Picaros»


1) Alcazar, c'est un lascar !
C'est ce que chante Tintin pris dans le tourbillon de la révolution san théodorienne. Alcazar est un nom qui nous rappelle un peu celui d'un autre héros d'Amérique du sud, le général Bolivar, libérateur de la Colombie.
Ce nom d'Alcazar, très évocateur du music-hall est à mettre en rapport avec celui du chef de l'état voisin : le général Mogador, autre nom célèbre du music-hall, et c'est précisément au music-hall que Tintin va retrouver l'ancien dictateur déchu et le présenter au capitaine Haddock.


2) Une forte personnalité
Le général Alcazar se présente dans un costume chamarré rouge et bleu, avec des épaulettes et des galons dorés, sa poitrine est couverte de décorations comme celle des généraux de l'ex URSS, le menton volontaire, la barbe de 24 heures, le cigare au bec comme Churchill ou Fidel Castro, la poigne vigoureuse («ne serrez donc pas si fort»), le parler franc («amigo !»), le caractère sombre et ombrageux, comme son lointain cousin le «général Poncho du San Mirador» de Macherot : c'est un joueur d'échecs susceptible : «oser me battre, moi, votre général !»




concentration aux échecs



Cela fait penser à la réplique de Louis XI, balayant le jeu d'échecs d'un revers de main, après avoir perdu, dans le film : «Le miracle des loups» : «je n'aime pas perdre».
Tintin semble d'ailleurs un bon joueur d'échecs, car on le retrouve jouant avec le capitaine au début de l'aventure tibétaine.
Mais, s'il est un dictateur craint et obéi à l'extérieur, il file doux à l'intérieur, devant sa femme, Peggy, plutôt revêche et acariâtre envers son général de mari «Quant à toi ma colombe, je t'avais promis un palais...» lui dit-il «Facile à dire on voit bien que ce n'est pas vous qui devrez entretenir tout çà» lui répond-t-elle.


3) Le maître du San Théodoros
Après avoir vaincu son éternel rival, le général Tapioca, le général Alcazar apparaît triomphant au balcon du palais gouvernemental et demande à son aide de camp de lui présenter ce jeune héros qui criait : «Vive Alcazar», alors qu'il allait être fusillé, comme Gavroche chantait sous la mitraille, et va le nommer colonel : « Je fais ce qui me plaît, je suis le maître ! »


4) Des promotions rapides
Comme au temps des généraux de Napoléon, les carrières sont fulgurantes, mais les disgrâces sont tout aussi rapides: Tintin est aussitôt nommé colonel et aide de camp au détriment du colonel Diaz, l'ancien aide de camp qui pour le compte se voit rétrogradé au rang de caporal et passe aussi sec dans le camp de la contre-révolution.




la senora Alcazar



5) Des méthodes expéditives
On ne badine pas avec le général Alcazar, pas plus qu'avec le général Tapioca. Pour cela ils se valent bien ! Tintin manque d'être fusillé, et quand il tombe en disgrâce après avoir été calomnié, par un faux document fabriqué par Chicklet le représentant de la «Général Américan Oil» précédement éconduit, le général Alcazar donne ses ordres: «Tintin: il sera fusillé demain à l'aube». En apprenant son évasion il hurle ses ordres au téléphone : «Qu'on le retrouve ou je fais fusiller tous les gardiens de la prison».
Lors de l'épopée des Picaros il faudra toute la fermeté de Tintin pour que le général reprenant le pouvoir avec l'aide de Tintin et de ses guérilleros renonce à quelques exécutions sommaires.
Même les partisans du dictateur déchu Tapioca ne comprennent pas cette magnanimité qui va à l'encontre des traditions !


6) La corruption
Le général Alcazar n'est pas le dernier à accepter un petit dessous de table de la part des trafiquants d'armes : «10% vous reviennent personnellement. C'est entendu : j'accepte». Tintin, lui ne mange pas de ce pain là et met son interlocuteur à la porte.
Le général Alcazar se livre volontiers aussi au trafic d'armes pour acheter des avions d'occasion à Dawson et reprendre ainsi le pouvoir.


7) La contre-révolution
Elle est dirigée par l'ancien dictateur «Tapioca» (dont le nom fait penser à celui du dictateur «Batista» qui avait été renversé par «Fidel Castro»). Elle enrôle dans ses rangs des partisans déçus du général Alcazar, comme le colonel Diaz, devenu caporal, une bien piètre recrue, et plus tard le général Tapioca recrutera des traîtres comme «Pablo» et recevra des conseillers venus de la Bordurie, de Plekszy-Gladz comme le trop fameux «colonel Sponsz». La devise de ces poseurs de bombes est : «La liberté ou la mort !»


8) Des menaces de guerre
Suite à un incident de frontière dont Tintin est le héros involontaire, la guerre est sur le point d'éclater avec le pays voisin, le «Nuevo Rico», les deux camps étant encouragés par les marchands d'armes qui veulent vendre leur arsenal.
Les opinions publiques sont chauffées à blanc par les journaux comme «l'écho de San Facion» et l'on peut voir des pancartes montrant de féroces caricatures du général Alcazar.
Heureusement, de nouvelles études ayant montré l'absence d'enjeu pétrolier, un accord de paix pourra être signé entre le général Alcazar et le général Mogador.


9) La traversée du désert et l'exil
Le général Alcazar, renversé et condamné à l'exil se réfugie en Europe où il exerce le métier de lanceur de couteaux dans un music-hall sous le pseudonyme de Ramon Zarate, à cette époque son assistant est un certain Chiquito. Quelle dégringolade pour l'ancien maître du San Théodoros ! Tintin le reconnaît, mais le général n'indentifie pas Tintin tout de suite. Pourtant Tintin lui avait sauvé la vie.
De même, quand le capitaine va tomber sur lui par hasard à Bruxelles en sortant du cinéma, alors que le général essaie d'acheter des avions d'occasion à des trafiquants d'armes pour reprendre le pouvoir, Alcazar est plus gêné que content de cette rencontre et file rapidement à l'anglaise en donnant une fausse adresse. Mais Interpol veille avec deux fins limiers, les Dupond et Dupont.


10) Le retour : un nouveau Che Guevara
Le premier libérateur du San Théodoros fut historiquement le général Olivaro (1805-1899) qui a sa statue de bronze place de la Révolution à «Las Dopicos» la capitale.
Mais le Général Alcazar mérite lui aussi le titre de libérateur du San Théodoros «El Libérator», après ses exploits avec les Picaros. Le héros de la Révolution décore alors tout le monde, Tintin, Lampion et les Turlurons de l'ordre de «San Fernando» et fait même le professeur Tournesol, artisan de la victoire, chevalier de l'ordre.


Conclusion : un bilan contrasté

Le général Alcazar a au bout du compte un bilan globalement positif. Pour Séraphin Lampion, Alcazar, c'est un malabar: il a réussi à chasser l'odieux dictateur Tapioca, chef d'un état totalitaire, organisateur de procès staliniens, à rétablir l'ordre au San Théodoros et il promet à la radio le progrès économique, social et culturel. Va-t-il rétablir des élections libres et la démocratie ?

Il a fait la paix avec le pays voisin dirigé par le général Mogador, mais il faut être sans illusions: la modification de régime change les têtes au pouvoir, mais le peuple des bidonvilles ne voit pas beaucoup de transformations !





échec et mat général

Un mauvais perdant le général Alcazar...!


le baise-main

Très «vieille France» Mr Tournesol.


Alcazar artiste de music-hall

Ramon Zarate et son partenaire Chiquito.


caricature d'Alcazar

Manif anti Alcazar au «Nuevo Rico».


Alcazar au balcon

Le général sait repèrer les talents.


Alcazar est pressé

L'art de «filer à l'anglaise».


shake hands

Alcazar : un homme à poigne...!


Tintin s'est évadé

Le général a des méthodes sommaires...


Viva Alcazar
Ramon Zarate, loge 14

Une visite surprise de Tintin et du capitaine dans la loge de «Ramon Zarate» le lanceur de couteaux.



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