Le professeur Hippolyte Bergamotte
Paru en 1951, cet article de notre supplément mensuel des «Cahiers scientifiques de la dépêche» retrouvé par notre reporter Jules Rouget, est signé par le professeur Hippolyte Bergamotte.
Cette biographie évoque une carrière d'exception, celle de son éminent confrère le professeur Philémon Siclone Egyptologue distingué, dont le nom est à jamais associé à celui du Pharaon Kih-Oskh.



sous le signe de Kih-Oskh



Philémon Gaston Félix Siclone voit le jour Chaussée d'Ophain à Braine-l'Alleud commune du Brabant Wallon le 2 mai 1878, et donc sous le signe du Taureau (s'étant longtemps intéressé à l'astrologie, il attachait à ce point une certaine importance). Son père Joseph Alfred Siclone, est premier clerc à l'étude de Maître Ch. Stasse père, notaire à Berwettes et sa mère née Marie Louise Adélaïde Van der Meulen, professeur de piano. Le jeune Philémon est enfant unique. Après avoir été élève à l'école communale de Waterloo, (devenu depuis le groupe scolaire Eddy Merckx) il fait ses études secondaires à l'institut religieux Saint-Boniface à Bruxelles (il est à noter que quelques années plus tard un certain Georges Remi fréquentera le même institut).


Bien que quelquefois un peu distrait selon certains de ses professeurs, c'est un élève brillant, aussi intègre-t-il l'Université Catholique de Louvain où il fait ses humanités. Il obtient ainsi en 1902 le Diplôme Supérieur d'Egyptologie. En 1904 il soutient brillamment une thèse intitulée : «De l'influence des scribes sur les hiéroglyphes» , puis se voit décerner en 1912 le «prix Champollion» remis par le grand Egyptologue Belge Jean Capart, et l'année suivante le titre de professeur en Egyptologie.
Au début de l'année 1913, il se lance à corps perdu dans la recherche et publie à compte d'auteur son premier ouvrage un essai intitulé «Sésostris Ier un pharaon de la XIIème dynastie». Mais en août 1914 l'Allemagne déclare la guerre à la France semant le chaos en Europe, il est ensuite mobilisé, et cette situation va mettre sa carrière entre parenthèses.


En 1918, Philémon Siclone se voit attribuer le poste de Conservateur du département des antiquités égyptiennes au Musée Ethnographique de Bruxelles, celui-là même où quelques années plus tard se déroulera le mystérieux vol du fétiche Arumbaya (cf. L'oreille Cassée). Il publie régulièrement dans les revues scientifiques spécialisées des articles sur la nécropole de Giza (ou Guizeh) qui font autorité, et lui apportent une réputation internationale. Après avoir passé maintes années dans les archives du musée à la recherche de documentation pour ses ouvrages, il trouve glissé entre les pages d'un vieux manuscrit oublié le fameux «papyrus de Khi-Oskh».
Sa décision est prise, il demande une mise en congé au conservateur en chef, un permis de fouilles auprès des autorités égyptiennes et part vers l'aventure.


Fin 1933, il embarque à bord du paquebot «Epoméo», c'est à cette occasion qu'il fait la connaissance de Roberto Rastapopoulos le directeur de la firme «Cosmos Pictures», et de Tintin jeune reporter au journal «le petit vingtième». Il est accompagné de ce dernier lorsqu'il se rend en plein désert, non loin des pyramides des Pharaons Khéops, Khépren et Mikérinos. Grâce aux indications extrêmement précises du document en sa possession, il localise sans peine l'entrée secrète du tombeau portant le sceau royal du Pharaon Khi-Oskh.


Cette découverte capitale s'accompagne hélas d'une déconvenue, en effet le tombeau sert de lieu de stockage à une bande de trafiquants d'opium dont les ramifications s'étendent jusqu'en Chine et dont le chef n'est autre que l'infâme Roberto Rastapopoulos. Pour l'empêcher de révéler leur secret, les bandits n'hésitent pas à lui injecter une dose de radjaïdjah «le poison qui rend fou». Privé de sa raison l'Egyptologue est interné à plusieurs reprises.
Quelques temps plus tard, toute la bande de trafiquants est arrêté grâce à la participation active de Tintin et de l'organisation secrète des «fils du Dragon». Deux mois après ces évènements un aliéniste Chinois l'honorable professeur Fan Se-Yeng met au point un antidote au poison et Philémon Siclone retrouve ses facultés mentales.


Ayant révélé au monde l'ampleur de sa découverte, la presse de l'époque, malgré une sincère admiration n'hésite pas à qualifier ses mésaventures de «malédiction de la momie» en référence à la découverte du tombeau de Tout-Ank-Amon qui avait suscité en 1922 bien des polémiques à propos des décès successifs de ceux qui avaient approché sa momie. Cette même année, lors d'un voyage à Alexandrie, il fait la connaissance de Miss Emily Elisabeth Carter la fille d'Howard Carter l'inventeur de la chambre funéraire de Tout-Ank-Amon, elle devient son épouse six mois plus tard. Les époux Siclone adopteront peu après un jeune Egyptien, fils d'un ouvrier du chantier tué par un éboulement.


En 1945, après une série de conférences dans la plupart des capitales du Monde, la famille est de retour en Belgique et s'installe dans une confortable demeure en bordure de forêt dans le village de Lasnes. Philémon Siclone reçoit des mains du Roi la croix de Léopold et obtient le poste de Conservateur en chef du Musée Ethnographique tout en continuant ses recherches et ses écrits.
Mais très vite, vers 1947 il est atteint d'un mal étrange qui le plonge dans un état de grande fatigue.... La malédiction de Kih-Oskh ??? Sur les conseils de la faculté, il doit alors cesser ses activitées professionnelles, et il s'éteint le 17 mai 1950 entouré de l'affection des siens.



Le signe royal de Khi-Oskh



bibliographie de l'Egypte Ancienne




Pour les passionnés d'Egyptologie, je ne peux que vivement recommander la lecture des ouvrages suivants :

clignotant Siclone Philémon, Sésostris Ier un pharaon de la XIIème dynastie, Editions du scribe, 1913.

clignotant Herr Doktor Grossgrabenstein, Autopsie d'une momie de la XXIème dynastie, Editions du Lombard, 1956.

clignotant E.P. Jacobini, Le papyrus de Manéthon, Editions James Thornley, 1920.

clignotant Siclone Philémon, Le mastaba du pharaon Kih-Oskh, Editions Casterman, 1940.

Le sceau royal du Pharaon Khi-Oskh

Le signe royal de Khi-Oskh.


A bord de l'Epoméo

Rencontre avec Tintin.


Rastapopoulos directeur de la firme Cosmos Pictures

Rencontre avec l'infâme Rastapopoulos.


L'entrée secrète du tombeau du Pharaon Khi-Oskh

La découverte de l'entrée du tombeau.


Philémon Siclone est distrait

Le professeur est un peu distrait...


Le radjaïdjah le poison qui rend fou

Le radjaïdjah «le poison qui rend fou».


l'Egyptologue est interné à plusieurs reprises.

Il est interné à plusieurs reprises.


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