le senhor Oliveira da Figueira
Tintin rencontre pour la première fois ce marchand de Lisbonne sur le bateau qui l'a recueilli en mer Rouge « Les cigares du Pharaon » (page 13). Grâce à sa faconde, le bonimenteur Portugais surnommé par ses clients Arabes « le-blanc-qui-vend-tout » écoule tout un stock d'articles divers... en plein désert.
Le senhor Oliveira da Figueira, car c'est de lui dont il s'agit, avait accordé en 1942 depuis son échoppe de Wadesdah capitale du Khemed, un entretien au célèbre biographe Alphonse Dulaurier.



le senhor Oliveira da Figueira


Hipolito Casimiro Oliveira voit le jour le 10 novembre 1891 à Figueira da Foz, port très actif situé à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Coïmbre. Il n'a que cinq ans lorsque son père Agostinho meurt lors d'une campagne de pêche à la morue au large de Terre-Neuve. Inconsolable, sa mère Gracinda ne survit à son époux que quelques mois.
Le petit Hipolito est alors recueilli par son oncle et parrain João Casco de Carvalho, négociant en Abyssinie. Emerveillé, l'enfant découvre l'Afrique et ses paysages à couper le souffle. A Addis Abeba, il fréquente la mission des pères lazaristes mais préfère aux bancs de l'école l'échoppe de « Tio João ». Il y demeure de longues heures à contempler les ivoires polis, les cuivres étincelants et les étoffes multicolores ; il s'enivre de parfums d'épices, de fruits confits et de café.


Loin de se contenter de rendre la monnaie aux clients, le jeune garçon aide son oncle à tenir les registres d'inventaire, à passer commande aux fournisseurs, à prendre soin des chalands. Son sens du commerce allié à sa faconde proverbiale encouragent son parrain à lui confier, dès l'adolescence, de périlleuses missions commerciales dans les ports de la Mer rouge : à Djeddah, Massaouah, Hodeidah, Souakim, il gagne la confiance des marchands arabes dont il maîtrise la langue.
A la mort de João, Hipolito hérite de l'échoppe avunculaire. Il n'en profite hélas que brièvement : une sombre affaire de mœurs montée en épingle par des mercantis jaloux contraint le jeune homme (il a 21 ans) à fuir sa terre d'adoption pour retrouver son pays natal.


A Lisbonne, il ne tarde pas à redorer son blason : l'argent qu'il a épargné lui permet d'acquérir un fonds de commerce et des entrepôts Praça do Comércio. Il s'enrichit considérablement au cours du premier conflit mondial en fournissant d'énormes quantités de corned-beef « Slift » au corps expéditionnaire portugais.
Lorsque la crise économique du début des années trente survient, Hipolito décide de retourner en Mer rouge où il gagne son surnom de « Blanc-qui-vend-tout » après avoir cédé des haltères à un riche paralytique.


le senhor Oliveira da Figueira se recommande à Tintin


En 1931, ce diable d'homme rencontre Henry de Monfreid à Djibouti ; l'aventurier l'invite à naviguer en sa compagnie sur le boutre l'Altaïr : il entend profiter des talents du senhor Oliveira da Figueira pour écouler (des perles fines aux armes lourdes) ses marchandises de contrebande. Cette association à but lucratif bénéficie largement aux deux compères.
C'est sur l'Altaïr que le Portugais fait la connaissance de Tintin, en 1933. Le voyageur de commerce sympathise rapidement avec le jeune journaliste. En janvier 1934, Hipolito tombe avec Monfreid dans un guet-apens tendu par les hommes de Roberto Rastapopoulos qui revendique le monopole de la contrebande en Mer rouge : laissé pour mort, le Portugais est secouru par des pêcheurs.
Décidé d'en finir avec l'interlope, il gagne le Khemed où il compte de nombreux amis. A Wadesdah, il rachète un commerce qu'il fait rapidement prospérer. En 1940, son aide précieuse permet à Tintin de mettre un terme aux funestes activités du professeur Smith, plus connu sous le nom de Docteur Müller. L'émir Ben Kalish Ezab remercie le Senhor en lui accordant le titre de fournisseur exclusif de sa cour.


difficile de résister au senhor Oliveira da Figueira

Durant la Seconde Guerre mondiale, Hipolito arrondit sa fortune en livrant aux troupes britanniques des milliers d'hectolitres de vin rosé portugais. Le conflit terminé, il sera fait chevalier de l'Ordre de l'Empire britannique pour avoir contribué au moral des soldats de Sa Majesté. Le 14 mai 1957, Bab El Ehr s'empare du trône khemédite : le commerçant est emprisonné. Il ne passe fort heureusement qu'une nuit dans les geôles du félon : une émeute déclenchée par ses plus fidèles clients précipite sa libération.


Tintin victime du senhor Oliveira da Figueira

Quelques semaines plus tard, Oliveira da Figueira donne asile au Capitaine Haddock et à Tintin dont les têtes sont mises à prix. En leur fournissant des déguisements, il leur permet d'échapper à la vengeance de Bab El Ehr et de Mull Pacha. Fidèle soutien du souverain hachélémite, Hipolito accueille avec soulagement le retour de Ben Kalish Ezab à la tête de l'émirat.
En 1959, le Prince Abdallah confie à son ami portugais la présidence de la S.A BOITAMEUH spécialisée dans le commerce de farces et attrapes. Les confortables bénéfices de la société permettent au Senhor de se faire bâtir un palais au cœur du Djebel Kadheih : il y prend en 1961 une retraite méritée. Le 2 décembre 1968, Hipolito Casimiro Oliveira meurt d'une crise cardiaque à l'annonce du décès de Dario Moreno, chanteur qu'il idolâtrait. Toujours fleurie, sa tombe est aujourd'hui le lieu de rencontre favori des tintinophiles en visite à Wadesdah.


Bibliographie sommaire d'Alphonse Dulaurier:
Aphonse Dulaurier
puce Piotr Szut, le mitrailleur à bavette (biographie) Editions du Doryphore, 1962, Amiens.

puce Plekszy-Gladz, le dernier dictateur (biographie) Les Editions de la garde d'acier, 1972, Szohôd.

puce Les stupéfiantes propriétés du Calystène (en collaboration avec le professeur Pedro Joãs Dos Santos) Editions Laszlo Carreidas, 1977, Lisboa.


Oliveira da Figueira le-blanc-qui-vend-tout

Nom de code : «le-blanc-qui-vend-tout».


l'appel du senhor Oliveira da Figueira

Difficile de résister à l'appel du senhor !


le secret du senhor Oliveira da Figueira

Le secret du bonimenteur : l'efficience.


Oliveira da Figueira, Tintin, Henry de Monfreid

Les présentations par Henry de Monfreid.


Oliveira da Figueira le bonimenteur

Le senhor Oliveira da Figueira à l'œuvre.


Oliveira da Figueira fournisseur de l'émir du Khemed

Le couronnement d'une carrière... !


le senhor Oliveira da Figueira tient son public en haleine

Un conteur d'histoires à dormir debout.


un rosé vraiment très rafraîchissant

L'hospitalité Portugaise et le rosé frais !


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Oliveira da Figueira le marchand de Lisbonne

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